L’esprit nouveau

Celui de Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier (1887 – 1965), l’immense architecte du XXème siècle, créateur universel et révolutionnaire qui s’exprima aussi avec tout autant de talent par l’écriture, le dessin, la peinture et la sculpture. Profondément humaniste, il considérait qu’au delà de la construction, l’architecture était faite pour émouvoir.

La photo représente la villa La Roche et Jeanneret, construite en 1923 et qui malgré son grand âge, est toujours d’une remarquable modernité. On peut la visiter ainsi que d’autres œuvres majeures du maître, dans Paris et ses environs.

Miss Vintage

Cette jeune femme, croisée dans la rue, le surlendemain du réveillon, avait un style très inspiré par Brigitte Bardot dans la splendeur de ses films du début des années 1960. Pourtant il n’y avait pas de caméra aux alentours ou alors elle était bien cachée. Aux lecteurs attentifs qui feraient remarquer que la belle inconnue a le visage dissymétrique et la joue gauche enflée, l’auteur répondrait qu’il ne s’agit pas d’une erreur anatomique car, vraisemblablement pour parfaire son personnage de BB réincarnée, cette nostalgique beauté mâchait du chewing-gum. C’était une belle époque !

L’été de la fusée

L’instant d’avant, c’était l’hiver en Ohio.(…) La fusée, sur sa plate-forme de lancement, crachait des tourbillons de de flammes roses dans une chaleur torride. La fusée, dressée dans cette matinée glacée d’hiver, à chaque pulsation de ses puissants tubes d’échappement, créait un nouvel été.

Ray Bradbury – Chroniques martiennes

Événement phénoménal

Le rocher de  Kjeragbolten en Norvège qui, depuis plusieurs  dizaines de milliers d’années – on ne sait pas avec précision car aussi inconcevable que cela puisse paraître aux jeunes générations qui sont nées avec un smartphone à la place du cerveau, l’époque de la glaciation de Würm se situe entre  -70 000 et – 12 000 ans – donc ce rocher qui jusqu’alors était coincé dans une anfractuosité rocheuse dominant le fjord de Lyse, s’est envolé aujourd’hui pour Bethléem en Palestine. Le célèbre caillou et son pilote, devraient arriver à destination au début du mois de janvier, en même temps que les rois-mages qui eux sont partis depuis plus longtemps car ils se déplacent à dos de chameau. La rédaction souhaite un bon voyage aux valeureux pèlerins.

Celui qui attend

Le soleil se couche. Les étoiles glissent sur le ciel de la nuit. Bien loin clignote une lueur. C’est une autre fusée qui arrive, laissant un sillage rouge dans l’espace. Je vis dans un puits. Je vis comme une fumée dans un puits. Comme une haleine dans une gorge de pierre. Là-haut j’aperçois les froides étoiles de la nuit et celles du matin. J’aperçois aussi le soleil et parfois je chante de vieux chants de ce monde au temps de sa jeunesse. Comment pourrais-je dire ce que je suis quand moi-même je l’ignore?

J’attends – c’est tout.

Ray Bradbury – Les machines à bonheur

Chronique vénusienne

Dans la cuvette d’Artémis couronnée d’un chaîne de volcans crachant des nuages d’acide sulfurique, le module d’exploration avançait en vacillant sous la formidable pression qui sollicitait toute la puissance de ses générateurs Panhard et Levassor.  Enfermés depuis trois jours dans l’habitacle, le pilote et le navigateur, même s’ils s’étaient portés volontaires, se demandaient si les ingénieurs avaient sérieusement prévu les conditions extrêmes qui régnaient sur la planète… Vénus, précision pour ceux qui auraient déjà perdu le fil de l’histoire.

Carte postale

Sud-ouest de Madagascar, au lever du jour, départ en mer des pêcheurs de l’ethnie Vezo, qui pratique un nomadisme saisonnier lié aux ressources maritimes. Les couleurs ne sont exagérées, dans la réalité c’était encore plus ocre. Allez vérifier du côté de l’île de Nosy-Vé en face d’Anakao. Là-bas flotte un parfum de bout du monde, paradisiaque.

Recette d’atmosphère

Vous prenez quelques traits libres d’encre à la plume, que vous mélangez à des taches d’aquarelles hâtivement posées au pinceau. Vous disposez le tout sur un papier adéquat légèrement humidifié. Vous laissez sécher naturellement le tout et servez à la température ambiante, de préférence à la fin d’un repas copieusement arrosé. Le chef-d’œuvre n’en sera que plus apprécié.