A propos de rose

Dans ce monde cruel, il n’y a pas que les personnes âgées et les animaux de compagnie que l’on abandonne. Il y a aussi les fleurs d’appartement qui sont impitoyablement jetées lorsqu’elles ont perdu la fraîcheur de leur jeunesse. Cette fleur que nous appellerons Rose, par commodité et pour préserver son anonymat, a été trouvée sur une poubelle. Elle a été recueillie et confiée à une famille d’accueil où – comme on peut le voir sur la photo – elle coule désormais des jours paisibles et heureux. Vous aussi rejoignez la communauté militante et active des défenseurs des fleurs abandonnées, en allant sur www.balance-pas-ta-fleur.org.

C’est fou ce qu’on peut trouver autour des poubelles, toujours débordantes de cette ville qui ne brille pas par sa propreté.

Mignonne allons voir

… si la rose qui ce matin avait déclose sa robe de pourpre au Soleil, a point perdu cette vesprée, les plis de sa robe pourprée et son teint au votre pareil.

Au siècle dernier, plusieurs générations de collégiens boutonneux, ont récité laborieusement ce célèbre poème de Pierre de Ronsard (1524 – 1585). Ce chef-d’œuvre poétique qui n’était pas trop difficile à mémoriser (on se limitait à la première strophe) et avait la vertu supplémentaire de stimuler l’imagination amoureuse des pré-adolescents se voyant bien, à l’instar du grand poète, en train de conduire une jeune beauté à la recherche d’une hypothétique rose. Aujourd’hui pour faire moderne, les lycéens doivent ânonner des borborygmes syncopés, éructés par des rappeurs patentés. On a vraiment changé d’époque.

Ouf !

Un orage magnétique au-dessus du désert de Gobi, a provoqué le dérèglement du contrôleur gyroscopique de la fusée atomique assurant la liaison hebdomadaire Vladivostok – Tombouctou via Toulouse. Tel un météorite, le bolide aéronautique a traversé à une vitesse supersonique la Cité radieuse qui heureusement était à ce moment-là en phase de déploiement. Les riverains ont été secoués, mais à l’exception d’un peu de vaisselle cassée – qui depuis a été remboursée par la compagnie aérienne – il n’y a pas eu de dégâts. Les passagers de la fusée, assoupis par une sirupeuse musique de supermarché et confiants dans la fiabilité de la machinerie robotisée assumant le pilotage automatique, n’ont rien remarqué.

Mode canine

Rencontre à l’aube d’une matinée froide et humide. Le chien et sa maîtresse étaient emmitouflés dans d’épais manteaux matelassés, mais ils avaient l’air déjà aussi enrhumés l’un que l’autre. Un couple élégant et sympathique.

Invasion

Bien pacifique, celle des mandarines à feuilles, qui depuis le début de l’année, envahissent les étals des marchés. D’abord cela remplit enfin d’une couleur gaie, la grisaille des journées de ce début d’hiver, en plus c’est délicieux et bon pour la santé. L’auteur tient préciser  que – malgré une homonymie hispanisée – il n’a aucun lien, ni intérêt financier avec une célèbre maison espagnole de production de fruits et légumes.

Soliloque

Décidément les déplacements loin de Paris, ne réussissaient pas à Maigret qui regrettait le temps où, jeune policier, il se déplaçait à bicyclette. La vieille Simca, fournie par la préfecture de police, était tombée en panne au milieu de la plaine de la Crau. Dans l’or du couchant, passait un couple de volants, en quête d’un nichoir pour la nuit.

Une journée ordinaire

Sous l’effet des premiers rayons du soleil, la Cité radieuse commençait à se déployer suivant une fragmentation aléatoire que seuls connaissaient les calculateurs électroniques surpuissants de la ville nomade. Porté par des courants ascendants, passait dans le ciel un grand volant, annonciateur d’un printemps précoce ou d’un dérèglement climatique. Les scientifiques ne s’étaient pas encore prononcés.

Instantané

Clic-clac ! merci Kodak. Cette naïade callipyge a été saisie avant son envol depuis le plongeoir de la piscine olympique, lors d’une épreuve de sélection des jeunes espoires féminines pour les championnats de France. Les puristes de l’orthographe feront remarquer que espoir ne prend pas de – E – à la fin. C’était vrai jusqu’au siècle dernier (il n’y a pas si longtemps), mais depuis sous la pression des activistes féminines et de leurs thuriféraires, il faut dire écrivaine ou auteure quand il s’agit d’une femme, alors pourquoi pas espoire ? Quant à la photo, elle a été faite de mémoire car aujourd’hui, surtout si le modèle est mineure, on risque de se retrouver au tribunal pour turpitudes sexuelles. Il est loin le temps, où l’on voyait exposées dans les toutes chaumières françaises, des photos de nymphettes dénudées dans des situations scabreuses mises en scène par Mr David Hamilton et sans qu’à l’époque, quiconque y ait vu une atteinte à la bonne morale.