Le naufrage du capitaine Haddock

Après son brutal licenciement par la veuve RG qui, rappelons-le, ne connaît rien de rien à la bédé, l’irascible capitaine a tenté de se faire engager comme scaphandrier par le musée Jules Verne de Nantes. Le travail n’est pourtant pas bien compliqué, il suffit que l’impétrant, revêtu de tout son équipement, se tienne immobile dans un modeste réduit qui est censé évoquer « 20.000 lieues sous les mers », mais sa propension à l’abus de boissons alcoolisées a été fatale à son emploi. Non seulement il titubait, mais il chantait des chansons de marin, donc paillardes, en proférant des bordées de jurons. Ce qui amusait les enfants, mais déplaisait fort aux parents et de plus affectait grandement l’honorabilité et la fréquentation de ce petit musée, qui pourtant aurait bien besoin d’un d’être rajeuni. Résultat ? Exit le capitaine qui s’est retrouvé dans le ruisseau et après avoir dérivé le long de la Loire, a dû atteindre la haute mer à l’embouchure de St-Nazaire. Nous en parlons en connaisseur car nous avons suivi cet itinéraire en vélo.

Sur la trace de Tintin

Lors d’un périple pédestre entre Cahors et Albi, notre collaborateur, toujours aussi tenace, a retrouvé la trace de l’ancien reporter franco-belge, autrefois vedette de l’hebdomadaire bruxellois  » Le Petit Vingtième ». Après sa retraite bien méritée, Tintin a tenté, de se reconvertir, sous son nom, dans le commerce de spiritueux et autres boissons alcoolisées. Sans aucun succès, car à part quelques affichettes et vestiges de panneaux publicitaires, il n’y a aucun moyen de goûter aux boissons « Tintin », qui n’existent plus.

Qu’est devenu Nestor ?

Après le départ à la retraite (définitif ?) de Tintin et du capitaine Haddock, le brave Nestor, fidèle entre les fidèles, s’est brutalement trouvé sans emploi. Notre envoyé spécial, qui faisait un périple à vélo le long de la côte atlantique, l’a rencontré fortuitement dans la ville de Saint-Sébastien en Espagne, où il exerce, avec son impavidité habituelle, une activité saisonnière de garçon de café, pendant la saison estivale.

Un baryton de papier

Edgar P. Jacobs (1904-1987) est le créateur de la célèbre bédé « Blake et Mortimer », l’une des plus populaires du XXème siècle. Pourtant il a longtemps souffert d’un manque de reconnaissance et a toujours considéré sa carrière de dessinateur comme une « damnation », lui qui rêvait d’une carrière de chanteur baryton. Sa passion de l’art lyrique a influencé sa conception de la bande dessinée qu’il a mise en scène comme un opéra de papier. Au soir de sa vie, il a créé une fondation pour préserver son œuvre et empêcher que ses dessins soient dispersés et dilapidés auprès des marchands. Peine perdue, le président de la Fondation dont le but était de préserver le patrimoine artistique de l’auteur, vient d’être inculpé pour abus de confiance après avoir vendu clandestinement plus de 200 planches originales qui étaient (en principe) protégées dans un coffre-fort dont il avait la clef (!). Espérons que le colonel Olrik viendra lui régler son compte.

L’épouse mise à l’écart

Sur cette photo prise en 1933, on voit George Rémi et sa première épouse, Germaine née Kieckens (1906-1995). Ils se rencontrèrent en 1928 au journal « Le XX Siècle », où elle était secrétaire de l’abbé Wallez directeur du journal, qui les maria en 1932. Fort présente sur le plan affectif, elle a été la force énergétique de RG pendant la période la plus difficile, jusqu’à la fin des années 40. Elle joua un rôle déterminant dans sa carrière et l’a épaulé dans les tâches ingrates de son travail : retouches, lettrage, encrage… etc. Elle l’a aussi soutenu pendant ses périodes de dépression, quand il voulait tout abandonner. En 1956 RG entame une liaison avec Fanny Vlaminck (de 28 ans sa cadette), une jeune coloriste des produits dérivés au Studio Hergé qu’il épousa en 1977. À la mort d’Hergé en 1983, Fanny (qui n’avait aucune compétence en BD) hérita des droits d’auteur, liquida le Studio Hergé et mit fin au contrat des employés. En 1993 elle se remarie avec Nick Rodwell, un sulfureux et controversé homme d’affaires britannique qui, par le biais de la sté Moulinsart gère l’héritage et les cendres d’Hergé d’une main de fer particulièrement mercantile.