Le semeur

Cette œuvre majeure de Van Gogh est une des plus documentées de sa période à Arles. Outre la peinture à l’huile, il réalisa a-posteriori deux dessins, l’un envoyé à Émile Bernard, l’autre à son frère Théo, sans compter plusieurs lettres, dont au moins une avec une esquisse. Vincent, qui considérait son tableau, peint entre juin et août1888, comme raté ne l’a pas signé. On peut admirer ce chef-d’œuvre au musée Kröller-Müller à Otterlo.

Élémentaire

Sous l’ardent soleil de la campagne arlésienne, Van Gogh a dessiné ce champ de blé non coupé émergeant au-dessus d’une bande de terre labourée. Ce n’est pas une étude, préalable mais une copie du tableau, déjà réalisé, qu’il a envoyée à son frère en août 1888.

Des chaussures

Dans ses nombreuses natures-mortes Van Gogh a majoritairement ignoré les objets habituels de la cuisine et de la salle à manger, se concentrant en particulier sur les bouquets de fleurs et les fruits. Il a aussi, à plusieurs reprises peint des livres et des chaussures. Les livres qu’il a choisi de représenter étaient ceux des frères Goncourt, de Maupassant et de Zola, ce qui donne une indication sur ses lectures et sur son intérêt pour le réalisme moderne dans la littérature de cette époque. Des critiques se sont interrogées sur « la signification et l’interprétation rationnelle » (sic) des chaussures dans son œuvre. Ce sujet des plus ordinaires indique simplement que Vincent était un grand marcheur qui parcourait inlassablement la campagne autour d’Arles pour trouver l’inspiration.

Éclosion

Cet iris schématisé évoque modestement ceux qu’a peint Van Gogh quand il a séjourné à l’asile St-Paul de St Rémy-de-Provence, où il avait volontairement été hospitalisé. Il s’agissait alors pour Vincent de retrouver une certaine sérénité psychologique dans l’observation de la nature. On peut y voir une analogie dans le choix du même sujet, avec les estampes réalisées à la fin des années 1820 par Hokusai, dont il connaissait l’œuvre. En effet, lui et son frère rassemblèrent une très importante collection d’estampes japonaises que Vincent présenta au printemps 1887, lors de son exposition qui fut organisée au café du Tambourin à Montmartre.

Portrait de Vincent

Comparer Van Gogh à une sorte de vagabond, quasi inculte et isolé dans sa folie, serait archi-faux. Van Gogh qui parlait couramment trois langues dont le français, était très cultivé et parfaitement informé des évènements et artistiques et culturels de son époque dont il a fréquenté plusieurs personnalités. Il savait être élégant et même dandy. Il s’est peint sept fois avec un chapeau de paille, ce qui était pour lui un symbole d’été et une marque d’admiration pour le peintre Monticelli. Dans une lettre d’août 1888 à sa sœur Wil, il lui écrit qu’il projette d’aller à Marseille pour déambuler sur la Cannebière, « habillé exactement comme lui, avec un immense chapeau de paille, une veste de velours noir, un pantalon blanc, des gants jaunes, une canne en bambou et un grand air du sud » (sic !).

L’inspirateur

À ses débuts, Van Gogh s’est inspiré du peintre provençal Adolphe Monticelli (1824-1886), qu’il ne rencontra jamais, celui-ci étant mort en 1886, quelques mois avant que Vincent n’arrive à Paris. Il admirait sa peinture colorée et expressive, comme en témoignent ses vases et bouquets et sa recherche d’une touche épaisse. Lui et son frère Théo constituèrent une collection des œuvres de Monticelli. Arles ne devait être qu’une brève étape sur la route de Marseille.