Archéologie domestique

Ainsi que les éminents et très érudits archéologues qui, lors de leurs fouilles dans les contrées lointaines de la vallée du Nil en Égypte ou des plateaux ventés de Mésopotamie, découvrent des vestiges alimentaires à partir desquels ils parviennent à élucider les us et coutumes des mystérieuses civilisation de l’Antiquité. À l’occasion de l’exploration récente de notre cave, nous avons découvert un pot de confiture d’un âge vénérable et de plus périmé depuis plus cinq ans, que nous n’avons pas hésité à goûter. Notre verdict est formel, c’est bien de la châtaigne, certes peu goûteuse mais non avariée, donc mangeable. Nous nous y employons, car même si nous ne sommes pas férus de confiture, nous ne laisserions à personne d’autre le privilège de consommer ce témoignage du passé.

Photogramme

Sur cette photo extraite d’un film de 1955, on voit James Stewart, en tenue d’entraîneur d’une équipe de base-ball dans le stade de St-Louis, regardant passer un bombardier Convair B-36. Cet énorme avion d’une masse de 100 tonnes et d’une envergure de 70 m, équipé de 6 moteurs à piston et de 4 turbo-réacteurs additionnels, n’atteignait une vitesse de croisière de seulement 350 km/h. Il était obsolète dès sa mise en service en 1949. Pour la petite histoire, le célèbre acteur s’est engagé dans l’armée de l’air américaine en 1941, avant même l’entrée en guerre des USA, il a été pilote de bombardiers, envoyé au combat en Europe. Il a quitté le service actif en 1946, en restant dans la réserve. Il a continué à servir lors des guerres de Corée et du Viêt-Nam. Il a pris sa retraite militaire en 1966 (à l’âge de 58 ans) avec le grade de général de brigade.

Un autre illustre retraité

Le célèbre professeur Philipp Mortimer a lui aussi pris sa retraite dans le sud de la France, plus précisément en Provence, où il vit paisiblement dans un modeste mas. En dépit de son grand âge, il a gardé toute sa vigueur physique, sa dame de compagnie, qui doit se défendre de ses assauts libidineux, en sait quelque chose. Mais du côté intellectuel, ça ne va pas fort, car il se croit toujours bloqué à l’ère du Mézozoïque (-252 à -66 millions d’années) et passe ses journées à traquer les dinosaures, en poursuivant de paisibles lézards et d’inoffensifs insectes.

Un illustre retraité

Le célèbre capitaine Francis Blake, co-héros des captivantes et extraordinaires aventures avec le non-moins célèbre professeur Mortimer, a pris sa retraite dans le sud-ouest de la France, plus précisément dans un Ehpad pour d’anciens militaires au glorieux passé. Malgré son âge avancé, l’héroïque capitaine a conservé toutes ses capacités physiques mais a de sérieux soucis du côté intellectuel puisqu’il se croit encore à l’époque du roi George VI, et l’annonce du retour prochain en Angleterre du prince Harry avec son épouse Meghan, lui paraît aussi redoutable que l’invasion des Huns. Pour être agréable à notre photographe, Sir Francis a accepté de poser dans son uniforme qui, quoiqu’un peu mité et sentant la naphtaline, lui confère une allure martiale que nos lecteurs admireront.

Le naufrage du capitaine Haddock

Après son brutal licenciement par la veuve RG qui, rappelons-le, ne connaît rien de rien à la bédé, l’irascible capitaine a tenté de se faire engager comme scaphandrier par le musée Jules Verne de Nantes. Le travail n’est pourtant pas bien compliqué, il suffit que l’impétrant, revêtu de tout son équipement, se tienne immobile dans un modeste réduit qui est censé évoquer « 20.000 lieues sous les mers », mais sa propension à l’abus de boissons alcoolisées a été fatale à son emploi. Non seulement il titubait, mais il chantait des chansons de marin, donc paillardes, en proférant des bordées de jurons. Ce qui amusait les enfants, mais déplaisait fort aux parents et de plus affectait grandement l’honorabilité et la fréquentation de ce petit musée, qui pourtant aurait bien besoin d’un d’être rajeuni. Résultat ? Exit le capitaine qui s’est retrouvé dans le ruisseau et après avoir dérivé le long de la Loire, a dû atteindre la haute mer à l’embouchure de St-Nazaire. Nous en parlons en connaisseur car nous avons suivi cet itinéraire en vélo.

Sur la trace de Tintin

Lors d’un périple pédestre entre Cahors et Albi, notre collaborateur, toujours aussi tenace, a retrouvé la trace de l’ancien reporter franco-belge, autrefois vedette de l’hebdomadaire bruxellois  » Le Petit Vingtième ». Après sa retraite bien méritée, Tintin a tenté, de se reconvertir, sous son nom, dans le commerce de spiritueux et autres boissons alcoolisées. Sans aucun succès, car à part quelques affichettes et vestiges de panneaux publicitaires, il n’y a aucun moyen de goûter aux boissons « Tintin », qui n’existent plus.