Portrait de Vincent

Comparer Van Gogh à une sorte de vagabond, quasi inculte et isolé dans sa folie, serait archi-faux. Van Gogh qui parlait couramment trois langues dont le français, était très cultivé et parfaitement informé des évènements et artistiques et culturels de son époque dont il a fréquenté plusieurs personnalités. Il savait être élégant et même dandy. Il s’est peint sept fois avec un chapeau de paille, ce qui était pour lui un symbole d’été et une marque d’admiration pour le peintre Monticelli. Dans une lettre d’août 1888 à sa sœur Wil, il lui écrit qu’il projette d’aller à Marseille pour déambuler sur la Cannebière, habillé exactement comme lui, avec un immense chapeau de paille, une veste de velours noir, un pantalon blanc, des gants jaunes, une canne en bambou et un grand air du sud.

L’inspirateur

À ses débuts, Van Gogh s’est inspiré du peintre provençal Adolphe Monticelli (1824-1886), qu’il ne rencontra jamais, celui-ci étant mort en 1886, quelques mois avant que Vincent n’arrive à Paris. Il admirait sa peinture colorée et expressive, comme en témoignent ses vases et bouquets et sa recherche d’une touche épaisse. Lui et son frère Théo constituèrent une collection des œuvres de Monticelli. Arles ne devait être qu’une brève étape sur la route de Marseille.

Le chapeau de paille

Contrairement à ce qu’on pourrait penser cet autoportrait de Van Gogh avec un chapeau de paille, n’a pas été peint en Provence mais à Paris pendant l’été 1887. Il vécut à Arles du 20 février 1888 au 8 mai 1889 et durant cette période de 444 jours, il peignit plus de 200 tableaux, réalisa 100 dessins et aquarelles et écrivit 200 lettres dont certaines (à son frère Théo) illustrées de dessins en miniature de ses tableaux. Cette prodigieuse capacité de création n’a été égalée par aucun autre artiste du XIXème siècle.

Clair obscur

« Moteur, action ! » Il s’avança lentement dans la lumière du projecteur. La maquilleuse avait fait du beau travail, il paraissait avoir retrouvé la fringante jeunesse de ses débuts mythiques. Mais sa démarche commença imperceptiblement à vaciller, le metteur en scène hurla « Coupez ! ». Inutile de tenter une deuxième prise, il était déjà saoul, il faudrait corriger ça au montage. Cela renforcerait le caractère énigmatique de son personnage et les critiques bovins allaient s’extasier.

Art pariétal caché

Si vous allez visiter l’un des fac-similés de la célèbre grotte de Lascaux, vous ne verrez pas ça. Et pourtant nos lointains ancêtres auteurs des magnifiques gravures rupestres que le monde entier nous envie, étaient des artistes exceptionnels qui ne s’intéressaient pas seulement aux chevaux, bisons, bovidés et autres quadrupèdes, mais aussi à la beauté de leurs compagnes. Ces gravures existent et se trouvent dans la grotte originale désormais définitivement fermée au public. Dès la découverte du site, en septembre 1940, leur existence a été cachée par les autorités, il ne fallait pas achever de démoraliser la population, déjà durement éprouvée par la débâcle militaire. Notre reporter a pu récemment consulter, aux archives du Vatican, les carnets de croquis de l’abbé Breuil, l’éminent paléontologue et remarquable dessinateur copiste, qui attestent l’existence de ces gravures.

Une ouverture ?

Gustave Flaubert, à propos de tout autre chose, parlait du « fond » et de la « forme ». Nous ne nous attarderons pas sur le dessin qui représente un sujet certes séduisant, mais sur le style qui, sans être très original, change agréablement du trait à l’encre et à la plume, devenu en ce moment trop répétitif. L’expérimentation de la couleur en direct ne manque pas d’attrait, mais il y a beaucoup de travail à venir.