Authentification

Le manuscrit a été  confié pour examen à l’ex-docteur Jonathan Septimus, radié de l’ordre des médecins après ses déboires judiciaires dans la malheureuse affaire de La Marque Jaune, et qui désormais tient une officine de bouquiniste au sous-sol de son ancienne demeure sur Tavistock Square à Londres. L’avis de cet expert est formel, le cahier est authentique mais son contenu est peu crédible.

Objet de convoitise

Il s’agit d’un modeste cahier, dans lequel le regretté capitaine Francis Blake – dont on ignore aujourd’hui ce qu ‘il est devenu (occis par l’infâme colonel Olrik ou réduit à l’état de légume dans une maison de retraite pour anciens militaires ?) – a écrit ses mémoires qui ne doivent pas être si confidentielles,  puisque le M.I.5 s’en est débarrassé. A moins qu’il ne s’agisse d’une énième bourde du service de contre-espionnage britannique qui en est plutôt coutumier ou alors d’une subtile manœuvre de désinformation de ce même service qui, pendant la guerre,  a utilisé avec efficacité le rempart du mensonge, pour citer Winston Churchill.

Le retour du professeur ?

Nos lecteurs érudits et bien informés, se souviennent avoir laissé le célèbre professeur Mortimer et son acolyte, l’ineffable capitaine Blake dans une situation délicate au fond d’un gouffre des Açores où les deux héros de papier auraient élucidé L’énigme de l’Atlantide. Certes, cette histoire s’était arrêtée brutalement en 1957 et depuis il ne s’était pas passé grand-chose du côté des Atlantes qui, il faut le rappeler,  grâce à leurs prodigieux astronefs, s’étaient échappés vers l’espace intersidéral. Mais récemment un manuscrit, découvert  fortuitement dans les poubelles des archives déclassifiées du MI-5 à Londres, va peut-être relancer la suite de cette prodigieuse histoire. Une indispensable authentification est nécessaire avant son éventuelle publication.

Canicule

Ces derniers jours, la température a atteint des records dont on se serait bien passé. Seule consolation, les beautés locales qui, il faut le reconnaître, ne sont pas rares, ont adapté avec séduction leurs tenues vestimentaires. Sur les plages, c’est le grand retour du bikini vintage de 1946. Heureusement, à de rares exceptions, les beautés elles, ne datent pas de cette époque lointaine mais sont bien d’aujourd’hui. Voilà qui va faire plaisir aux militantes féministes de tous poils qui ont envahis les médias.

Erreur de diagnostic

Encore une œuvre authentiquement posthume de Matisse. Là encore le maître – très fatigué par ses fréquentes nuits en compagnie de péripatéticiennes – s’est laissé aller à la facilité du dessin (dans lequel il n’était pas mauvais d’ailleurs) mais pour la couleur – comme en plus à force de picoler il était devenu daltonien – il a appliqué du bleu en croyant que c’était du rose. Ce qui n’a pas empêché ses thuriféraires de crier au génie créatif devant ce Grand nu rose. Après tout pourquoi pas ?

La belle dame

La Vénus de Willendorf, toujours en pleine(s) forme(s). On partirait bien avec elle à la chasse au mammouth.

Tirage photo récent sur imprimante à jet d’encre. C’est le genre de commentaire dont on se moque complètement, mais que l’on voit dans toutes les expos photos, se voulant prestigieuses, cela fait plus sérieux, plus artistique. Le public sait ainsi que dans son sandwich, il n’y a pas du jambon synthétique mais du vrai jambon tranché directement sur le cochon.

Le boxeur

Il s’appelait Pablo Ruiz dit  Picasso (en hommage au célèbre joueur de bandonéon) et avait commencé par le difficile métier de picador,  dans le sud de l’Espagne où il était né. Mais n’ayant ni goût ni talent pour l’art tauromachique, il y avait rapidement renoncé. Après un peu reluisant emploi de videur dans les bastringues du quartier chaud de Barcelone, il était venu en France pour participer à des combats de boxe, la plupart du temps truqués, où il était invariablement le premier à aller au tapis. Rendu abruti par les coups, il avait été recueilli par l’hospice de St Rémy-de-Provence où, entre deux crises de delirium tremens, il s’était essayé à la peinture. Même si des âmes charitables lui ont prêté un petit talent, soyons honnêtes, compte-tenu de son lourd handicap intellectuel et visuel, le résultat de ses barbouillages relevait déjà de l’exploit mais il ne fallait pas y chercher la moindre cohérence. Ses croutes ont, heureusement, été irrémédiablement dispersées, comme lots de consolation, lors des kermesses paroissiales.