Le philosophe

Notre reporter – toujours aussi vif – vient de saisir sur une plage du midi de la France, cet instantané d’un de nos plus brillants philosophes. De ceux qui se produisent régulièrement sur les chaînes de radios et de TV, où à l’heure du petit-déjeuner, ils refont le monde sans trop se… mouiller. Cela fait des émissions pas chères, tout  en valorisant les quasi ignares qui se targuent sans vergogne du statut de journalistes, autrefois une noble profession. Heureusement, il y a encore quelques justes dans la presse écrite.

Le vampire

Cet ancien acteur du cinéma expressionniste allemand, s’est retiré dans une discrète maison de retraite du sud-est de la France. Coïncidence ? Depuis il y a eu une  hécatombe dans les troupeaux de moutons qui sont à l’estive dans les pâturages de montagne de la région. On a d’abord incriminé les loups qui venus d’Italie, commencent à envahir furtivement le territoire. Mais les bergers sceptiques, ont recruté les pieds nickelés de la brigade rurale de Lusagne (village de montagne aussi imaginaire que télévisuel) dont les enquêtes policières, feuilletonesques et invariablement couronnées de succès, sont diffusées tous les 15 jours sur une chaîne TV nationale. Nous voilà rassurés.

L’Ogre

Autoportrait de Picasso. Cette sculpture vient d’être retrouvée dans une cabane… au fond du jardin du Château de Vauvenargues près d’Aix-en-Provence, où le touche-à-tout bricoleux a passé les dernières années de sa vie comme essayeur pour une grande enseigne du bricolage. Il n’était pas rémunéré, mais après avoir massacré les outils qui lui étaient confiés, il avait le droit de les garder pour son usage personnel. Ne manquant pas d’imagination et ayant besoin d’améliorer sa modeste retraite d’artiste patenté, il a vendu ses victimes sur les marchés de Provence (évidemment) où on se souvient encore de ce petit vieux, un béret vissé sur la tête, vêtu d’un éternel tricot « marcel » à rayures, baragouinant français comme une vache espagnole et auquel par charité, on achetait ses élucubrations artistiques qui depuis ont invariablement fini abandonnées dans des cabanes… au fond des jardins.

Sculpture

Grand nu à la plage des Aresquiers, œuvre posthume de Picasso, qui dans certaines monographies sur l’artiste, s’appelle aussi Catherine au bain de soleil. Les exégètes du protéiforme Pablo, se perdent en conjonctures sur  la véritable identité de cette neuvième – et jusqu’alors inconnue – muse. Il avait en effet déjà baptisé Eva celle qui s’appelait Marcelle, ce prénom ne faisait pas très moderne et surtout évoquait les peu élégants tricots de peau sans manches que durant toute sa vie, il s’est obstiné à porter au grand dam de ses successives compagnes.

L’Adorée

Portrait de Dora Maar, compagne et muse de Picasso de 1936 à 1944, qui a été une de ses périodes de création les plus fécondes. Malgré un corps de déesse antique qui inspira  à Pablo de nombreux dessins et tableaux d’un érotisme frontal, elle était psychofrigique et aura, durant leur relation, subi passivement les assauts de son minotaure.  Photographe médiocre, elle a néanmoins réussi le reportage photo sur la création du tableau Guernica en 1937.

Le Minotaure

Portrait du peintre Pablo Picasso, grand prédateur sexuel, aux nombreuses conquêtes féminines. Huit compagnes officielles (Fernande, Eva, Olga, Marie-Thérèse, Dora, Françoise, Geneviève, Jacqueline). A  l’époque cela ne gênait personne, aujourd’hui il serait sûrement attaqué par ses « victimes » plus ou moins affabulatrices et plus ou moins consentantes, mais déçues par l’insuffisance des avantages obtenues. L’histoire de l’Art du XX ème siècle l’a échappé belle, car au contraire cela a stimulé sa formidable puissance créatrice.