
« Ils atteignirent le canal. Il était long frais et rectiligne. Il miroitait dans la nuit. (…) Pendant un long, long moment de silence, à leurs pieds, les Martiens soutinrent leurs regards, dans la moire ondulante de l’eau… »
Ray Bradbury

« Ils atteignirent le canal. Il était long frais et rectiligne. Il miroitait dans la nuit. (…) Pendant un long, long moment de silence, à leurs pieds, les Martiens soutinrent leurs regards, dans la moire ondulante de l’eau… »
Ray Bradbury

« Quelque part dans les murs, des relais cliquetaient. Des mémofils glissaient sous des yeux électroniques. Huit heures une, tic-tac, huit heures une, à l’école, au travail, vite, vite, huit heures une. Mais nulle porte ne claqua, nul tapis ne reçut l’empreinte molle de talons de caoutchouc. Dehors, il pleuvait. Le chantepluie sur la porte d’entrée fredonnait doucement : Il pleut, il pleut, partez d’ici… bottes et caoutchoucs, aujourd’hui… Et la pluie, en écho, crépitait sur la maison vide. »
Ray Bradbury

« Chaque fois que le vent se levait dans le ciel, lui et sa petite famille rentraient s’asseoir dans la hutte de pierre et réchauffaient leurs mains au-dessus d’un feu de bois. Le vent fouettait les eaux du canal, emportait presque les étoiles, mais il restait assis, calmement, et parlait à sa femme, et sa femme lui répondait, et il parlait à ses deux filles et à son fils des jours anciens sur Terre, et tous répondaient plaisamment. »
Ray Bradbury

« Il conduisit sans arrêt pendant trois jours et trois nuits. Il crut distinguer une fois une voiture qui le suivait. Inondé de sueurs froides, il prit une autre route, coupant à travers l’immensité désolée de Mars, passant par les petites cités mortes; il continua à rouler pendant une semaine et un jour, jusqu’à ce qu’il eût mis quinze mille kilomètres entre elle et lui. »
Ray Bradbury

« Le vent emporta le sablonef dans une course sifflante sur le fond de la mer morte, sur les cristaux ensevelis depuis des millénaires, tandis que défilaient sur le fond des montagnes violettes les fûts des colonnes brisées, les quais désertés de marbre et de cuivre, les échiquiers des cités blanches. »
Ray Bradbury

« Tout le long du chemin, les poursuivants et le poursuivi, les rêveurs et le rêve, la proie et les molosses. Tout le long du chemin, la révélation subite, l’éclair des yeux familiers, l’appel d’un nom ancien, les souvenirs d’autres temps, la foule s’amassant. Chacun se ruant tandis que le rêve multiforme en pleine course, tel une image réfléchie par dix mille miroirs, dix mille yeux, se modifiait sans cesse, offrant un visage différent à ceux qui le précédaient, le suivaient ou l’attendaient sans le savoir, encore invisibles. »
Ray Bradbury

« Vous noterez le crépuscule permanent, le mois d’octobre invariable, la terre nue, stérile, morte. Nous avons eu bien du mal. Tout a été tué. Dix mille tonnes de D.D.T. Il ne reste pas un serpent, pas une grenouille, pas une mouche martienne! (…) Je dois dire que j’en suis assez fier. Il y a des machines, cachées, pour obscurcir le soleil. Une ambiance toujours sinistre comme convenu. »
Ray Bradbury

« Mars était toujours paisible, mais plus particulièrement cette nuit-là. Les déserts et les mers vides défilaient et les montagnes se dressaient jusqu’aux étoiles. une odeur de Temps flottait dans l’air ce soir-là. (…) Et ce soir – il tendit une main par la portière – ce soir, on pouvait presque toucher le Temps. »
Ray Bradbury

« Les fusées arrivaient avec des roulements de tambour dans la nuit. Les fusées arrivaient comme des sauterelles par vagues, soulevant d’énormes fleurs de fumée ardente.
Ray Bradbury

Le sol ancestral était là, avec ses plantes si anciennes qu’elles s’étaient épuisées. Mais si l’on amenait des espèces nouvelles? Des arbres de la Terre, de grands mimosas, des saules pleureurs, des magnolias et de majestueux eucalyptus. Alors? La richesse minérale du sol ne faisait aucun doute avec ses vieilles fougères, ses fleurs, ses buissons et ses arbres disparus.
Ray Bradbury