Toujours au festival d’Avignon. Mignonne et agréablement courte vêtue avec le visage figé par la béatitude collective provoquée par les élucubrations sentencieuses d’une funeste ex-ministre de la justice, reconvertie par copinage dans la culture et qui chaque jour aux causeries du verger d’Urbain V (il doit se retourner dans sa tombe papale), se fendait de lectures édifiantes en ânonnant péniblement des truismes que seuls les tenants de la gauche-caviar dégustaient avec ravissement. On pardonnera à notre charmante mais naïve jeunesse, son égarement.
L’enquêteur
C’était le meilleur élément de l’unique commissariat de la Ville Basse. Il faut dire qu’aux niveaux inférieurs de la Mégapole, il y avait longtemps qu’on n’envoyait plus d’humains. Ils finissaient rapidement assassinés, suicidés ou irrémédiablement cinglés. Alors les autorités n’utilisaient plus que des robots-policiers.
Festivalier
Spécimen authentique et bien parisien au festival d’Avignon. D’abord la chevelure savamment ébouriffée, qui marque une décontraction naturelle, ensuite la barbe hirsute, très tendance dans le gotha de la capitale, comme l’actuel premier ministre qui en impose plus aujourd’hui barbu que quand il était imberbe et seulement maire du Havre ou la maire de Paris qui a plus difficulté à dissimuler sa pilosité ibérique sous une épaisse couche de fond-de-teint, que son intelligence qui est très limitée, puis un tee-shirt arborant un slogan particulièrement intellectuel propre à se faire remarquer et à édifier les foules, puis la veste de soirée indispensable pour montrer son origine supérieure et ne pas être confondu avec un cul-terreux local, puis le bermuda à carreaux qui tranche harmonieusement avec la veste mais dénote aussi l’indispensable et fort bien venu sens de l’humour, enfin les tongs qui à la fois, rafraîchissent l’ensemble du corps permettant en particulier une meilleure oxygénation du cerveau pour apprécier pleinement la qualité des spectacles et aussi parachèvent la noblesse de l’ensemble de la silhouette pour lui conférer cette grandeur que la province, depuis les rois mérovingiens, ne cesse de contempler avec envie.
Une prochaine fois, nous nous intéresserons à la festivalière.
Flore martienne
Bérardie laineuse – Berardia lanuginosa, ou Chardon de Bérard (en référence à Pierre Bérard, maître-apothicaire grenoblois du XVII siècle), famille des Asteraceae . Plante prestigieuse, vivace, prostrée et velue, endémique des Alpes du sud, se rencontre en altitude entre 1500 et 3100 m dans les éboulis calcaires et schisteux. Espèce protégée.
S’il y a des plantes sur la planète Mars, elles doivent ressembler à ça.
R.U.R.
Rossum’s Universal Robots, c’est dans cette pièce de théâtre écrite en 1920 par l’auteur tchécoslovaque, Karel Capek que fut créé pour la première fois, le mot robot (travailleur forcé dans les langues slaves), l’esclave de métal. Depuis, la réalité a dépassé la fiction et non seulement les robots se sont libérés, mais les rôles se sont inversés. Les humains attendent un nouveau Spartacus.
Le visionnaire
Alfred Stieglitz (1864-1946), photographe, éditeur, écrivain, galeriste, organisateur d’expositions de photographie et d’art moderne, catalyseur des tendances artistiques et chef de file charismatique de l’anticonformisme pendant plus de 30 ans. A elle seule, sa photographie qui démontre une très grande maîtrise technique, aurait suffi à lui assurer une place majeure. Mû par une énergie inflexible et par une détermination inébranlable, Stieglitz propulsa la photographie américaine dans la modernité du début du 20ème siècle où elle occupa une position dominante. Mais sa plus grande réalisation, restera la création et l’édition de la revue Camera Work.
Madame Stieglitz
Photographiée par son mari Alfred, alors rédacteur en chef de la revue The American Amateur Photographer, et à l’époque persuadé que seul l’authentique amateur avait la liberté artistique de suivre sa vision de la vérité, hors des contraintes où l’aurait enfermé tout vil motif économique. C’est le discours que tenait mon maître en photographie, résultat la majorité de ses élèves, malgré son immense talent, n’a pas dépassé le stade d’aimable amateur.
Madone du désert
Georgia O’Keeffe (1887 – 1986), femme-peintre américaine. Son œuvre qui s’exprima dans l’abstraction biomorphique, l’architecture des gratte-ciels et les fleurs monumentales équivoques, s’achèvera dans les formes minérales inspirées du désert du Nouveau-Mexique où elle vécut durant les 40 dernières années de sa vie. Bien que peignant dans un style assez primaire, elle est considérée aux USA, comme une figure majeure de l’art moderne à partir des années 1920.
Camera Work
Revue américaine trimestrielle de photographie, créée et éditée de 1903 à 1917 par Alfred Stieglitz. Cette publication qui, aujourd’hui, fait encore référence, était remarquable par la qualité exceptionnelle de ses reproductions et visait à promouvoir la photographie comme étant un art à part entière. Elle a présenté les plus grands photographes du début du 20ème siècle aux USA et en Europe. Outre Alfred Stieglitz – qui ne s’est pas attribué la meilleure part – on peut entre autres citer Edward Steichen, Frank Eugene, Frederick Evans, Clarence White, Robert Demachy, Commandant Puyo, Gertrude Kasebier, Heinrich Kuehn, Baron de Meyer, Julia Cameron, Alice Boughton, Paul Strand, dont les œuvres impérissables sont essentielles pour les amoureux de l’image.
Vitesse
D’après une photographie prise en 1904 par Robert Demachy (1859 -1936), l’un des fondateurs et chef de file du mouvement pictorialiste, revendiquant les interventions de retouche sur les différentes étapes de développement du médium photographique, pour créer un objet pictural unique. L’histoire ne dit pas si ce véhicule automobile, lancé à pleine vitesse, peut-être jusqu’à 60 ou même 80 km/h, est arrivé à bon port ou a explosé avant.