Aujourd’hui les timbres-poste valent plus chers que les cartes postales. Alors comment continuer à envoyer à ses proches, au moindre coût des « Bons baisers de » Mogadiscio, Petropavlovsk, Tsitsikar ou Nukualofa ? Pour citer quelques destinations affriolantes. Une PME française a trouvé la solution qu’elle a fait breveter; écrire directement au dos du timbre. D’abord on fait l’économie substantielle de la carte, et puis on allège sérieusement le pli, d’où un tarif postal réduit. C’est la double économie. Il fallait être français pour y penser ! Mais, me direz-vous, pourquoi déposer un brevet ? Par-ce-que, premièrement ça fait plus sérieux, deuxièmement ça fait gagner plus d’argent, regardez les américains, ils ont fait breveter Zorro, Blanche-neige et le Bossu de Notre-Dame, qu’ils n’avaient pas inventés et ils gagnent un tas de pognon, enfin pour écrire au dos d’un timbre-poste, vu la très petite surface, il faut un stylo spécial avec loupe intégrée, qui a été inventé par cette ingénieuse petite entreprise… française rappelons-le. L’image du timbre n’est pas une japoniaiserie ramenée du pays du soleil levant, mais une vue originale et authentique des montagnes du pays basque, tôt un matin d’été quand une mer de nuages recouvre encore les vallées. C’est là-bas, dans la plus grande discrétion, que sera fabriqué le stylo-à-timbre-poste.
Énigme dévoilée
L’identité du modèle de « L’Origine du monde », le célèbre nu peint, pendant l’été 1866, par ce bon Mr Courbet a été récemment découverte. Le libidineux commanditaire du fameux tableau fut Khalil-Bey, un diplomate ottoman, qui était l’une des figures extravagantes du Tout-Paris des années 1860. Grand amateur d’art, il dut vendre sa collection de tableaux en 1868, pour payer ses dettes de jeu. Jusqu’à récemment, les historiens de l’art, franchement daltoniens et peu perspicaces, pensaient que le modèle avait été Joanna Hiffernan, une irlandaise dont la pâleur et la rousseur, ne correspondaient pas du tout à la carnation brune et à la noirceur de l’abondante toison pubienne du modèle du tableau. Même le misogyne et pas trop subtil, Sherlock Holmes ne s’y serait pas trompé. Il s’agissait de Constance Quéniaux qui avait été l’une des maîtresses de Khalil-Bey. La jeune-femme, alors âgée de 34 ans, était une courtisane demi-mondaine et ex-danseuse à l’ Opéra qui, avec les années, est devenue une respectable dame patronnesse et philanthrope. Elle est morte en 1908, confite en dévotions.
Zéphyr
Image fugace d’un monde flottant. A l’heure de la sieste postprandiale (du latin prandium: déjeuner), un goéland glisse silencieusement au-dessus des anciennes salines de Maguelone.
Nuages nuages 2
Canicule par une après-midi d’été, au-dessus du pays de Cocagne dont les rondeurs voluptueuses invitaient à la sieste.
Nuages nuages
Poussière de lumière immaculée sur le bleu du ciel. Début d’après-midi, par un léger vent du nord, au-dessus de la campagne méditerranéenne. Cela vaut la peine de lever les yeux pour regarder autre chose que son smartphone.
L’as des fantômes
Lointain descendant du légendaire Fantômas, il veut reprendre les coupables activités de son célèbre ancêtre.
L’auteur présumé
Samuel B. illustre inconnu et imposteur, qui prétend avoir écrit lui-même, « Le nom du monde est A ». D’une part, à voir sa tête, on doute qu’il ait pu écrire quoi que ce soit. D’autre part, la forme incohérente et le style abscons, sont particulièrement caractéristiques d’une œuvre totalement mécanographique. Enfin, les archéologues spécialistes en mécanographie, sont formels, il est on ne peut plus vraisemblable que ce monument de la littérature non-humaine a été écrit par une machine Remington, datant du premier quart du XXème siècle. La datation par le carbone 14, ne permet pas plus de précisions, pour le moment. En cette période d’inactivité forcée, la lecture de ce livre – en vente dans les meilleures librairies virtuelles – pourrait être, même à fortes doses, un remède à la déprime.
Le nom du monde …
… est A.
Célèbre roman mécanographique, dont tout le monde parle, mais que, heureusement, personne n’a lu. Et pour cause, c’est incompréhensible de A à Z. Et à forte dose, il peut avoir des effets indésirables.
La pianiste
Elle avait un doigté exceptionnel pour transmettre les messages codés. Même si elle était d’origine aristocratique, elle avait rapidement démontré qu’elle ne volait pas son modeste salaire, car elle travaillait énormément et était très compétente. Seule femme du bureau de Lisbonne, elle avait eu à ses débuts, malgré sa beauté austère, quelques inévitables prétendants, rapidement déçus, à commencer par le vieux qui s’était ramassé et était vite retourné à ses rombières. Derrière ses fines lunettes, elle avait des yeux brillants qui illuminaient son visage, à la peau très claire bronzée par le soleil lisboète.
Le cryptographe
Il possédait les deux traits communs à ceux qui exerçaient cette activité depuis longtemps. C’était un cynique désabusé et une mine d’information. Deux qualités que développaient les années passées à déchiffrer les secrets des autres, pour les trouver, dans la majorité des cas, dérisoires. Mais avec la venue de l’homme de l’Abwehr, les choses allaient changer et une fois l’opération orichalque terminée, les instructions de Berlin étaient claires, le bureau de Lisbonne serait liquidé.