
Pour la route… Ville symphonique en adagio mineur.

Pour la route… Ville symphonique en adagio mineur.

Cette année, les organisateurs du festival, n’ayant pas été satisfaits de l’affiche fournie par une graphiste locale, m’ont contacté en urgence pour que je crée quelque chose de plus musical. Finalement, ce que je croyais répondre à leur demande, ne leur a pas convenu et, officiellement, n’a pas été accepté. Cela ressortira probablement plus tard, sous une forme plus ou moins détournée. Ce sont les aléas de la vie d’artiste.

Été 2020, le succès ne fut pas unanime. D’autant plus que l’imprimeur ignare se crût autorisé à faire changer les couleurs par son graphiste maison. Résultat, les personnages en costume caca d’oie flottaient dans un ciel d’urine ! Ma réputation était sérieusement compromise. En plus, ce barbare avait effacé ma signature et mis la sienne.

Pour l’été 2019. L’affiche fit un triomphe.

Avec l’été, reviennent les festivals. C’était en 2018, au bout d’une belle vallée du massif du Queyras.

On annonce la réouverture prochaine des discothèques et autres lieux de plaisirs nocturnes. Ce qui semble avoir plus intéressé notre belle jeunesse que les élections régionales. Le masque sera fortement recommandé, mais pas obligatoire. Aucune importance, pourvu qu’elles ne cachent pas le bas. En attendant, ma voisine s’entraîne, en se déhanchant furieusement sur son balcon.

Le Poète est semblable au prince des nuées – Qui hante la tempête et se rit de l’archer – Exilé sur le sol au milieu de huées – Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.
Charles Baudelaire

C’était l’époque heureuse du « téléphone rose », où tout n’était pas interdit. Quand on pouvait, sans crainte, téléphoner à l’objet de ses désirs, sans être tracé, ni être soupçonné de harcèlement, ou être exposé à la vindicte populaire. À chacun sa madeleine, celle de Marcel Proust – que malgré plusieurs tentatives, je n’ai jamais réussi à lire – paraît peu appétissante.

Rectificatif, ce n’était pas un diptyque mais un triptyque. Car Léonard de Vinci, sans être un artiste génial, très surestimé, était un peintre consciencieux qui a mis un point d’honneur à satisfaire sa cliente, Lisa Maria Gherardini troisième épouse du marchand de soie florentin, Francesco del Giocondo, de 14 ans son ainé. Léonard a donc également représenté, le fondement de la beauté de son modèle, pour sa mise en valeur publicitaire. Ce qu’il a parfaitement réussi. Certains touristes chinois et qataris, aussi ignares que fortunés, ont fait des offres mirifiques au musée du Louvre, pour passer la nuit avec Mona Lisa, dont ils ignorent qu’elle nous a, hélas, quittés depuis 500 ans.

Cinq cents ans après, grâce à une découverte aussi fortuite que quasi-miraculeuse, qui vient d’être faite dans les pharaoniques réserves du musée du Louvre, l’énigme du mystérieux sourire de la Joconde, a été élucidée. Lisa Maria Gherardini qui était une assez obscure courtisane à Florence, avait demandé à Léonard de Vinci, un tableau publicitaire destiné à vanter ses charmes. Le tableau se composait d’un diptyque, dont la partie haute, la représentait en buste, habillée et dans une pose modeste, c’est la célèbre Joconde que des millions de touristes, viennent chaque année admirer au Louvre. La partie basse, représentant ses indéniables charmes intimes, était destinée à attirer le chaland et à faire monter les enchères. Nul doute que désormais, ce sont les finances de notre grand musée – que même les chinois et les qataris nous envient – qui vont être stimulées par la présence de ce nouveau chef-d’œuvre, lequel, une fois encore, fait honneur au bon goût et au charme français.