Rencontre nocturne

« Mars était toujours paisible, mais plus particulièrement cette nuit-là. Les déserts et les mers vides défilaient et les montagnes se dressaient jusqu’aux étoiles. une odeur de Temps flottait dans l’air ce soir-là. (…) Et ce soir – il tendit une main par la portière – ce soir, on pouvait presque toucher le Temps. »

Ray Bradbury

Le matin vert

Le sol ancestral était là, avec ses plantes si anciennes qu’elles s’étaient épuisées. Mais si l’on amenait des espèces nouvelles? Des arbres de la Terre, de grands mimosas, des saules pleureurs, des magnolias et de majestueux eucalyptus. Alors? La richesse minérale du sol ne faisait aucun doute avec ses vieilles fougères, ses fleurs, ses buissons et ses arbres disparus.

Ray Bradbury

Les pionniers

« Les Terriens commençaient à débarquer sur Mars. Ils venaient parce qu’ils avaient peur ou non, qu’ils étaient heureux ou malheureux, parce qu’ils se sentaient ou ne se sentaient pas des âmes de pèlerins. (…) Ainsi, rien d’anormal si les premiers émigrants étaient rares. Leur nombre s’accrut peu à peu en proportion des Terriens déjà arrivés sur Mars. Leur nombre engendrait la confiance. Mais les premiers solitaires ne devaient compter que sur eux-mêmes… »

Ray Bradbury

Et la lune toujours brillante…

« Il faisait si froid quand ils sortirent pour la première fois de la fusée dans la nuit, qu’il se mit à ramasser le bois sec martien et à construire un petit feu. (…) À la lueur des flammes montant dans l’air ténu de cette mer desséchée de Mars, il regarda par-dessus son épaule et vit la fusée qui les avait tous amenés, (…) à travers un néant noir et silencieux rempli d’étoiles pour atterrir sur un monde irréel et mort. »

Ray Bradbury

La troisième expédition 2

« Et nous voilà tous, ce soir, dans des maisons variées, dans des lits isolés, sans armes pour nous protéger et la fusées reste vide au clair de lune. Ne serait-ce pas terrifiant de découvrir que tout ceci entre dans un vaste plan édifié par les Martiens pour nous diviser, nous conquérir et nous tuer ? »

Ray Bradbury

La troisième expédition

« La foule, sur la piste de lancement d’Ohio, avait poussé des acclamations; les mains s’étaient tendues frénétiquement dans le soleil; la fusée avait craché d’immenses fleurs rutilantes et disparu dans le ciel, entamant la troisième croisière vers Mars ! »

Ray Bradbury

Le contribuable 2

« On l’écarta de force. Il se débattait comme un diable. Ils claquèrent la porte du car de police et l’emmenèrent dans le jour naissant, le visage collé à la vitre arrière, et juste avant que la sirène de la voiture s’élevât au sommet d’une côte, il vit la flamme rouge, entendit le grondement puissant et sentit la déflagration de l’air, tandis que la fusée argentée décollait et abandonnait un banal lundi matin sur la banale planète Terre. »

Ray Bradbury

Le contribuable

« Ils se moquèrent de lui à travers le grillage. Il n’avait sûrement pas envie partir pour Mars, dirent-ils. Ne savait-il pas que la première et la seconde expédition avaient échoué, disparu, que les hommes y étaient sans doute restés ? »

Ray Bradbury