Ouf !

Un orage magnétique au-dessus du désert de Gobi, a provoqué le dérèglement du contrôleur gyroscopique de la fusée atomique assurant la liaison hebdomadaire Vladivostok – Tombouctou via Toulouse. Tel un météorite, le bolide aéronautique a traversé à une vitesse supersonique la Cité radieuse qui heureusement était à ce moment-là en phase de déploiement. Les riverains ont été secoués, mais à l’exception d’un peu de vaisselle cassée – qui depuis a été remboursée par la compagnie aérienne – il n’y a pas eu de dégâts. Les passagers de la fusée, assoupis par une sirupeuse musique de supermarché et confiants dans la fiabilité de la machinerie robotisée assumant le pilotage automatique, n’ont rien remarqué.

Mode canine

Rencontre à l’aube d’une matinée froide et humide. Le chien et sa maîtresse étaient emmitouflés dans d’épais manteaux matelassés, mais ils avaient l’air déjà aussi enrhumés l’un que l’autre. Un couple élégant et sympathique.

Invasion

Bien pacifique, celle des mandarines à feuilles, qui depuis le début de l’année, envahissent les étals des marchés. D’abord cela remplit enfin d’une couleur gaie, la grisaille des journées de ce début d’hiver, en plus c’est délicieux et bon pour la santé. L’auteur tient préciser  que – malgré une homonymie hispanisée – il n’a aucun lien, ni intérêt financier avec une célèbre maison espagnole de production de fruits et légumes.

Soliloque

Décidément les déplacements loin de Paris, ne réussissaient pas à Maigret qui regrettait le temps où, jeune policier, il se déplaçait à bicyclette. La vieille Simca, fournie par la préfecture de police, était tombée en panne au milieu de la plaine de la Crau. Dans l’or du couchant, passait un couple de volants, en quête d’un nichoir pour la nuit.

Une journée ordinaire

Sous l’effet des premiers rayons du soleil, la Cité radieuse commençait à se déployer suivant une fragmentation aléatoire que seuls connaissaient les calculateurs électroniques surpuissants de la ville nomade. Porté par des courants ascendants, passait dans le ciel un grand volant, annonciateur d’un printemps précoce ou d’un dérèglement climatique. Les scientifiques ne s’étaient pas encore prononcés.

Instantané

Clic-clac ! merci Kodak. Cette naïade callipyge a été saisie avant son envol depuis le plongeoir de la piscine olympique, lors d’une épreuve de sélection des jeunes espoires féminines pour les championnats de France. Les puristes de l’orthographe feront remarquer que espoir ne prend pas de – E – à la fin. C’était vrai jusqu’au siècle dernier (il n’y a pas si longtemps), mais depuis sous la pression des activistes féminines et de leurs thuriféraires, il faut dire écrivaine ou auteure quand il s’agit d’une femme, alors pourquoi pas espoire ? Quant à la photo, elle a été faite de mémoire car aujourd’hui, surtout si le modèle est mineure, on risque de se retrouver au tribunal pour turpitudes sexuelles. Il est loin le temps, où l’on voyait exposées dans les toutes chaumières françaises, des photos de nymphettes dénudées dans des situations scabreuses mises en scène par Mr David Hamilton et sans qu’à l’époque, quiconque y ait vu une atteinte à la bonne morale.

L’esprit nouveau

Celui de Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier (1887 – 1965), l’immense architecte du XXème siècle, créateur universel et révolutionnaire qui s’exprima aussi avec tout autant de talent par l’écriture, le dessin, la peinture et la sculpture. Profondément humaniste, il considérait qu’au delà de la construction, l’architecture était faite pour émouvoir.

La photo représente la villa La Roche et Jeanneret, construite en 1923 et qui malgré son grand âge, est toujours d’une remarquable modernité. On peut la visiter ainsi que d’autres œuvres majeures du maître, dans Paris et ses environs.

Miss Vintage

Cette jeune femme, croisée dans la rue, le surlendemain du réveillon, avait un style très inspiré par Brigitte Bardot dans la splendeur de ses films du début des années 1960. Pourtant il n’y avait pas de caméra aux alentours ou alors elle était bien cachée. Aux lecteurs attentifs qui feraient remarquer que la belle inconnue a le visage dissymétrique et la joue gauche enflée, l’auteur répondrait qu’il ne s’agit pas d’une erreur anatomique car, vraisemblablement pour parfaire son personnage de BB réincarnée, cette nostalgique beauté mâchait du chewing-gum. C’était une belle époque !