Fossile discutable

Autre fossile peu ordinaire, Sinornithosaurus millenii, un « dinosaure à plumes » également « découvert »en Chine, en 1999 et toujours dans la province du Liaoning. L’un des « découvreurs » est un certain Xu Xing de l’Institut de Paléontologie de Pékin, qui était déjà concerné par la découverte du fameux Archéoraptor, précédemment cité. Les américains devraient être plus que méfiants lorsque les chinois leur proposent, évidemment contre moult espèces sonnantes et trébuchantes, des découvertes paléontologiques extravagantes.

Un fossile falsifié

Il s’agit du fossile, baptisé Archeoraptor liaoningensis, qui aurait été découvert en 1997 dans la province du Liaoning en Chine et représenterait une créature munie des membres antérieurs d’un oiseau et de la queue d’un dinosaure. Ce qui serait un exemplaire exceptionnel du chaînon manquant entre les dinosaures et les oiseaux. L’Archeoraptor a été vendu 80 000 dollars aux USA, destiné à être le fleuron du musée des dinosaures de Blanding dans l’Utah. Les « découvreurs » américains du fossile réussissent à intéresser la revue du National Geographic qui, après une étude sérieuse, publie en novembre 1999 un long article, accompagné de photos et de dessins. Mais, très rapidement, des doutes sont émis par la communauté scientifique sur l’authenticité de l’exceptionnel fossile et deux mois plus tard, on réalisa qu’il avait été habilement assemblé à partir d’éléments provenant de créatures non apparentées et qu’il s’agissait donc d’une escroquerie. Au lieu de tenter d’escamoter à la va-vite sa bévue sous le tapis, comme le fait la presse française (ou ce qu’il en reste), le National Geographic engagea un journaliste d’investigation qui s’est rendu jusqu’en Chine sur les lieux du »crime » et après avoir rencontré les divers intermédiaires chinois et américains, conclut à une falsification. En octobre 2000, le National Geographic publie les cinq pages de la contre-enquête. Saluons le professionnalisme de ce grand média qui, dans cette histoire, a quand même déboursé à perte 200 000 dollars !

Pas si vieille !

Cette étrange bestiole est la plus ancienne fourmi jamais découverte, qui sommeillait depuis des années, à l’état de fossile, dans les réserves du muséum de l’université de Sào Paulo au Brésil. Des chercheurs l’ont récemment retrouvée et, vraisemblablement après l’avoir dépoussiérée, l’on datée d’il y a 113 millions d’années ! Ces augustes savants ont précisé qu’elle appartenait au groupe des Haidomyrmecinae, aujourd’hui disparu. La présence des fourmis était connue dès le Crétacé sur le super continent de Laurasie, mais pas sur le Gondwana, où se situait l’actuel Brésil. Ce qui indique qu’elles se sont diversifiées et répandues très tôt au cours de leur évolution.

La queue du lézard

Dans la zone des géoglyphes de Nazca, la route panaméricaine sud coupe en deux le grand lézard (environ 100 m de long). Ce n’est pas grave, car quand c’est nécessaire, le lézard se sépare aisément de sa queue qui a la faculté de repousser ensuite. Ce mécanisme biologique extraordinaire s’appelle l’autotomie caudale. Cette automutilation d’une partie du corps, est un réflexe de défense pour échapper au danger, elle est souvent, dans le cas de plusieurs espèces animales (outre les lézards, les arthropodes, les échinodermes et certains amphibiens), suivie d’une régénération. La queue d’un lézard qui continue à bouger après son autotomie, aide l’animal à détourner l’attention de son prédateur. Ce serait bien utile pour certains humains !

Le grand oiseau

Ce géoglyphe de 137 m de long, l’un des plus connus de Nazca, représente vraisemblablement un condor, même si certains y voient un toucan. Les géoglyphes sont approximativement répartis le long d’une ligne de 50 km reliant les villes de Nazca et de Palpa, correspondant à la route Panamerica Sur (panaméricaine sud), avec une concentration dans un rectangle de 10 km x 4 km, au sud du hameau de San Miguel de la Pascana. C’est un environnement quasi désertique, de plateaux arides et rocheux, sans terre arable. Avis aux amateurs audacieux !

Chien ou jaguar ?

Ce chien/jaguar stylisé, comme d’autres figures géantes d’animaux, peut être admiré, depuis le ciel, dans le désert de Nazca au sud du Pérou. Ces géoglyphes ont été réalisés par la civilisation Nazca, une culture pré-inca qui s’est développée de 300 avant J.-C. à 800 de notre ère. Ces dessins ont été tracés pour la plupart entre 200 avant J.-C. et 600 après J.-C. La première mention écrite connue des géoglyphes se trouve dans « La Chronique du Pérou » du conquistador Piedro Cieza de Léon en 1553. Les géoglyphes ont été véritablement découverts, en 1927 par un archéologue péruvien qui explorait la vallée de « la rivière Nazca » qui est désormais à sec.

Peinture abstraite ?

Que nenni ! Il s’agit d’une vue aérienne de la forteresse de Maiden Castle dans le Dorset en Angleterre. À partir du Néolithique (vers 3500 avant J.-C.), ce grand éperon calcaire est occupé par un enclos bordé de murs de pierre abritant de nombreux fossés. Les vestiges les mieux conservés sont ceux de la forteresse de l’âge du fer (1200 à 550 avant J.-C.), dotée d’une entrée protégée par un savant système défensif. En 43 après J.-C., les Romains commandés par Vespasien, qui sera empereur de 69 à 79, conquièrent et pillent Maiden Castle. Dans les années 1930, on découvrit un temple romain construit en 376 après J.-C. On dénombre plus de mille sites fortifiés similaires dans toute la Grande-Bretagne.

Géant amérindien

Encore un photo aérienne. Cette gravure de plus de 50 m de long, est incrustée dans le plateau qui surplombe la rivière Colorado, au nord de la petite ville de Blythe dans le sud-est de la Californie. Outre ce géant, on trouve dans les environs immédiats cinq autres géoglyphes, que l’on ne peut voir en entier que d’avion, elles n’ont été découvertes que dans les années 1920. Selon une légende commune à plusieurs tribus indiennes du Colorado, cette figure géante représente Mastamho, le dieu créateur. Elle est gravée dans le sédiment sombre du sol et dévoile la sous-couche rocheuse plus claire. Sa datation est incertaine, entre le Xème et le XVIII siècle après J.-C. Les traces de passages de véhicules à la surface du sol, confèrent à l’ensemble une dimension cosmique.

Géant bucolique

Autre photo aérienne montrant le géant qui trône dans la verte campagne de Grande-Bretagne, au-dessus du petit village de Cerne Abbas dans le Dorset. Cette figure de craie de plus de 55 m depuis le haut de la massue jusqu’aux pieds, est l’une des plus célèbres d’Angleterre. Son origine est mystérieuse. S’agit-il d’un symbole de fécondité ou la représentation d’un Hercule mi-romain, mi-celtique ? En l’état actuel des connaissances, il est estimé qu’il a été tracé au XVIIème siècle. Ce qui nous paraît anachronique, tant du point de vue du style graphique, que de la référence implicite à la statuaire de la Rome antique, dont plusieurs empereurs ont encouragé le culte du héros demi-dieu de l’Antiquité gréco-romaine.