Photo d’Henri Matisse, prise en 1945 dans son atelier de Vence. Pour faire plus authentique, le photographe a exigé qu’il mette son chapeau et sa robe de chambre, ce à quoi le maître s’est résolu « à regret ». Encore heureux qu’on ne lui ait pas demandé de prendre sa palette et de se barbouiller le visage de peinture.
Le chat dans la salle de bains
Gouaches découpées d’Henri Matisse. Dans cette œuvre authentiquement posthume, maître Henri fait, une fois encore, la démonstration magistrale de la sûreté de son dessin, de sa prodigieuse maîtrise du mouvement et de la fulgurance de sa composition. Pour l’anecdote, le grand artiste se trouvait alors chez sa petite-fille Anaïs qui vit près de Toulouse et dont le chat a l’habitude de rentrer dans la maison en sautant par la fenêtre (ouverte évidemment) de la salle-de-bains, pour se précipiter dans la cuisine où l’attend son assiette de croquettes. Les lecteurs curieux de connaître plus de détails sur la vie d’un des plus importants peintres du XXème siècle, peuvent s’ils n’ont pas peur, se plonger dans le pensum du stalinien Aragon, « Henri Matisse, roman » qui est une biographie assez ampoulée, de 858 pages ! Après ils seront incollables au Jeu des 1000 euros.
Élévation
Œuvre de Gaston Lachaise (1882-1935), sculpteur américain d’origine française. Il partit pour l’Amérique en 1906 pour suivre la femme américaine qu’il épousa en 1917 et qui, durant toute sa vie, l’inspira. Cette sculpture, réalisée entre 1912 et 1927, fut le prototype de nombreuses variations ultérieures sur le thème de la femme au torse puissant et qui s’amincit vers le bas, équilibrée sur de minces orteils paraissant à peine suffisants pour supporter la forme massive du corps. Dans les années 30, ses sculptures devinrent plus stylisées et encore plus massives et prirent des formes géométriques presque abstraites, sans perdre leur charge sexuelle explosive. Bien que ses œuvres aient été, à l’époque, dénigrées par les sculpteurs académiques officiels qui les qualifiaient d’atrocités, il restera le grand sculpteur américain de la première moitié du 20ème siècle, à part lui, il n’y avait quasiment personne.
Le nom du monde est forêt
L’image rapprochée d’une feuille, montre la forêt avec ses myriades de connexions aussi complexes que celles du cerveau humain.
Un fumiste
La ville de Rodez, le département de l’Aveyron, la région Occitanie et la France avec – pourquoi pas – le reste du monde, s’apprêtent à célébrer le 24 décembre prochain, le centenaire du peintre Pierre Soulages. Les édiles et les thuriféraires officiels se pâment sur les croutes monstrueuses de cet infâme barbouilleur, non pour leurs qualités picturales mais seulement parce qu’il s’agit du peintre français le plus coté sur marché de l’art. Celui qui s’est lui-même qualifié, de maître de l’outrenoir, est en réalité un fossoyeur de l’outre-tombe qui n’a ni connaissance du dessin ni sens des couleurs. En tant que peintre, il est mort depuis 60 ans, exactement depuis le 23 décembre 1959, date d’exécution de ce barbouillage qui a été acheté 10 millions de dollars dans une récente vente aux enchères à New-York. Comme l’a écrit, de façon prémonitoire, Edgar Poe dans une de ses nouvelles, il y aura bientôt tellement de cinglés sur la planète, qu’il faudra enfermer dans des asiles, les rares personnes sensées pour les protéger.
Exploration
Cet hologramme d’un héroïque et anonyme pionnier de la conquête astrogalactique, provient du fonds des archives des expéditions Aji-Kaminotora qui, entre le troisième et le septième millénaire, ont écumé les marches de la Galaxie. Une datation plus précise est en cours.
Vu au musée
Sculpture gravitationnelle, provenant de l’exoplanète 54B se trouvant dans la constellation de Vulcain, et ramenée par l’expédition astrogalactique Aji-Kaminotora en 3468.
En souvenir de Vincent
Iris des jardins – Iris germanica, Famille des Iridaceae, appelé aussi « l’orchidée du pauvre », qui a été génialement peint Vincent Van Gogh. Après lui, personne n’ose en peindre ou en dessiner sans s’en excuser.
Estival
Coquelicot – Papaver rhoeas, Famille des Papaveraceae. Cette belle fleur, symbole du début de l’été, que l’on rencontrait autrefois à profusion dans les champs cultivés et les prés en friche, est devenue de plus en plus rare sous l’action des herbicides et des méthodes destructives de l’agriculture industrialisée. Et les inconscients qui n’hésitent pas à prendre l’avion pour aller à l’autre bout du pays, se gargariser dans des musées ou galeries devant les fumisteries de l’art contemporain, devraient se poser la question de l’utilité du coquelicot. Cela nous offre sa beauté si fragile.
Le cobaye
Candidat au voyage vers la planète Mars, lors d’un stage de survie sur un îlot désertique de l’archipel des Canaries. Cette peinture naïve – dont l’auteur n’est pas connu – datant de la fin du 21ème siècle, est visible au musée d’Art Intersidéral de Nasbinals en Aubrac.