Mon voisin

Il est poète et travaille beaucoup. Chaque matin, qu’il pleuve, vente ou neige, dès l’aube, perché sur son balcon, il contemple la vastité des horizons imaginaires, que lui seul peut apercevoir et lui inspirent les plus belles pages de son œuvre qui, je l’avoue humblement, est pour moi assez hermétique. Mais il est très sympa et s’exprime, avec humour, dans une très belle langue que la jeune génération éduquée aux SMS ne comprend pas. Ce qui ajoute à l’attrait de nos conversations. Et je ne suis pas peu fier de connaître un homme célèbre.

Le rescapé

N’étant pas une dinde, il a échappé au massacre de fin d’année. Mais sous son air bonasse, il réfléchit et se dit qu’en cette période de difficultés économiques, à défaut de dindes on pourrait bien manger des lapins. Il reste donc craintif et sur ses gardes.

A vot’ bon cœur

Le petit vieux qui remuait  sans conviction, sa canette de miséreux sous le porche de l’église, avait un air vaguement familier. Sous son accoutrement d’officier de l’Armée du salut, il faisait vaguement penser à un ancien acteur du cinéma muet dont j’ai oublié le nom. Mais nous n’étions pourtant pas pendant le festival de Cannes. Avec le changement climatique, il n’y a vraiment plus de saison.

Pépite extraterrestre

Ce géologue, qui parait immergé dans un champ de glace bleue, brandit son exceptionnelle découverte d’une météorite lunaire. Ce qui est rarissime, puisqu’on compte seulement une dizaine de météorites lunaires sur les 30 000 météorites ramassées en Antarctique. A la différence des météorites trouvées dans les déserts chauds, les météorites trouvées en Antarctique, sont bien conservées, même si elles ont passé en moyenne une centaine de milliers d’années dans la glace. Le but de ces recherches est d’en savoir plus sur les origines du système solaire, ainsi que la composition et l’évolution des corps célestes. A côté, on se sent tout petit.

Chasseurs de météorites

Dans l’Antarctique, une équipe de géologues français et italiens du CNRS, est allée traquer les météorites. Les étendues désertiques du 6ème continent, se prêtent particulièrement bien à la recherche de ces roches extraterrestres, car dans les champs où s’accumule la glace bleue, les météorites remontent à la surface. Après, il suffit de les repérer, ce qui est assez facile. Les météorites sont noires et polies par la fusion lors de leur passage dans l’atmosphère, alors que les roches terrestres sont grises et rugueuses.

Note rouge

Tôt le matin, dans la chambre-à-coucher. Pourquoi préciser « à coucher » ? parce que cela aurait pu être « froide » ou « photographique« . Bref, tôt ce matin-là, à défaut d’une température digne de l’Australie, on s’est résigné dès l’aube à prendre le chemin du travail.