Dur au mal

L’entomologiste américain Justin Orvel Schmidt (1947-2023) est le créateur d’une échelle de pénibilité des piqûres d’Hyménoptères, allant de 1 pour les petites abeilles (douleur légère et éphémère) à 4 pour les guêpes Pepsis et Synoeca (douleur fulgurante, féroce, électrique). La fourmi Paraponera, dite « Balle de fusil », dont la douleur extrême va au-delà de la torture est notée 4+. Sachant que le savant s’est volontairement fait piquer et, sûrement, à de nombreuses reprises par toutes les bestioles qu’il a classifiées, on ne peut que saluer son grand courage.

Redoutable !

En Amazonie, une règle d’or : ne jamais s’appuyer sur un arbre. Outre les réactions cutanées provoquées par certains végétaux, le risque est de mettre la main sur un serpent, une araignée ou… une fourmi « Balle de fusil » dont le nom scientifique est Paraponera clavata et le nom local Conga. Elle se distingue par sa grande taille (2 à 3 cm). Très agressive, sa piqûre est une torture, comparable, d’après les spécialistes des hyménoptères, à « marcher sur des braises avec un clou de sept centimètres planté dans le talon » (sic). La douleur, accompagnée parfois de spasmes, se répand dans tout le membre touché et elle dure jusqu’à 24 h !

Fossile discutable

Autre fossile peu ordinaire, Sinornithosaurus millenii, un « dinosaure à plumes » également « découvert »en Chine, en 1999 et toujours dans la province du Liaoning. L’un des « découvreurs » est un certain Xu Xing de l’Institut de Paléontologie de Pékin, qui était déjà concerné par la découverte du fameux Archéoraptor, précédemment cité. Les américains devraient être plus que méfiants lorsque les chinois leur proposent, évidemment contre moult espèces sonnantes et trébuchantes, des découvertes paléontologiques extravagantes.

Un fossile falsifié

Il s’agit du fossile, baptisé Archeoraptor liaoningensis, qui aurait été découvert en 1997 dans la province du Liaoning en Chine et représenterait une créature munie des membres antérieurs d’un oiseau et de la queue d’un dinosaure. Ce qui serait un exemplaire exceptionnel du chaînon manquant entre les dinosaures et les oiseaux. L’Archeoraptor a été vendu 80 000 dollars aux USA, destiné à être le fleuron du musée des dinosaures de Blanding dans l’Utah. Les « découvreurs » américains du fossile réussissent à intéresser la revue du National Geographic qui, après une étude sérieuse, publie en novembre 1999 un long article, accompagné de photos et de dessins. Mais, très rapidement, des doutes sont émis par la communauté scientifique sur l’authenticité de l’exceptionnel fossile et deux mois plus tard, on réalisa qu’il avait été habilement assemblé à partir d’éléments provenant de créatures non apparentées et qu’il s’agissait donc d’une escroquerie. Au lieu de tenter d’escamoter à la va-vite sa bévue sous le tapis, comme le fait la presse française (ou ce qu’il en reste), le National Geographic engagea un journaliste d’investigation qui s’est rendu jusqu’en Chine sur les lieux du »crime » et après avoir rencontré les divers intermédiaires chinois et américains, conclut à une falsification. En octobre 2000, le National Geographic publie les cinq pages de la contre-enquête. Saluons le professionnalisme de ce grand média qui, dans cette histoire, a quand même déboursé à perte 200 000 dollars !

Pas si vieille !

Cette étrange bestiole est la plus ancienne fourmi jamais découverte, qui sommeillait depuis des années, à l’état de fossile, dans les réserves du muséum de l’université de Sào Paulo au Brésil. Des chercheurs l’ont récemment retrouvée et, vraisemblablement après l’avoir dépoussiérée, l’on datée d’il y a 113 millions d’années ! Ces augustes savants ont précisé qu’elle appartenait au groupe des Haidomyrmecinae, aujourd’hui disparu. La présence des fourmis était connue dès le Crétacé sur le super continent de Laurasie, mais pas sur le Gondwana, où se situait l’actuel Brésil. Ce qui indique qu’elles se sont diversifiées et répandues très tôt au cours de leur évolution.

La queue du lézard

Dans la zone des géoglyphes de Nazca, la route panaméricaine sud coupe en deux le grand lézard (environ 100 m de long). Ce n’est pas grave, car quand c’est nécessaire, le lézard se sépare aisément de sa queue qui a la faculté de repousser ensuite. Ce mécanisme biologique extraordinaire s’appelle l’autotomie caudale. Cette automutilation d’une partie du corps, est un réflexe de défense pour échapper au danger, elle est souvent, dans le cas de plusieurs espèces animales (outre les lézards, les arthropodes, les échinodermes et certains amphibiens), suivie d’une régénération. La queue d’un lézard qui continue à bouger après son autotomie, aide l’animal à détourner l’attention de son prédateur. Ce serait bien utile pour certains humains !

Le grand oiseau

Ce géoglyphe de 137 m de long, l’un des plus connus de Nazca, représente vraisemblablement un condor, même si certains y voient un toucan. Les géoglyphes sont approximativement répartis le long d’une ligne de 50 km reliant les villes de Nazca et de Palpa, correspondant à la route Panamerica Sur (panaméricaine sud), avec une concentration dans un rectangle de 10 km x 4 km, au sud du hameau de San Miguel de la Pascana. C’est un environnement quasi désertique, de plateaux arides et rocheux, sans terre arable. Avis aux amateurs audacieux !

Chien ou jaguar ?

Ce chien/jaguar stylisé, comme d’autres figures géantes d’animaux, peut être admiré, depuis le ciel, dans le désert de Nazca au sud du Pérou. Ces géoglyphes ont été réalisés par la civilisation Nazca, une culture pré-inca qui s’est développée de 300 avant J.-C. à 800 de notre ère. Ces dessins ont été tracés pour la plupart entre 200 avant J.-C. et 600 après J.-C. La première mention écrite connue des géoglyphes se trouve dans « La Chronique du Pérou » du conquistador Piedro Cieza de Léon en 1553. Les géoglyphes ont été véritablement découverts, en 1927 par un archéologue péruvien qui explorait la vallée de « la rivière Nazca » qui est désormais à sec.

Peinture abstraite ?

Que nenni ! Il s’agit d’une vue aérienne de la forteresse de Maiden Castle dans le Dorset en Angleterre. À partir du Néolithique (vers 3500 avant J.-C.), ce grand éperon calcaire est occupé par un enclos bordé de murs de pierre abritant de nombreux fossés. Les vestiges les mieux conservés sont ceux de la forteresse de l’âge du fer (1200 à 550 avant J.-C.), dotée d’une entrée protégée par un savant système défensif. En 43 après J.-C., les Romains commandés par Vespasien, qui sera empereur de 69 à 79, conquièrent et pillent Maiden Castle. Dans les années 1930, on découvrit un temple romain construit en 376 après J.-C. On dénombre plus de mille sites fortifiés similaires dans toute la Grande-Bretagne.