La toile d’araignée

Sur la colline dénudée surplombant le village, était installée une station de la guilde des Signaleurs. Enfants, bien qu’il nous ait été interdit par nos parents d’y aller, nous nous cachions pour nous en approcher et fascinés, contempler cette énorme machine qui tournait très lentement sur elle-même, en émettant un léger bourdonnement. Nous savions seulement qu’à l’intérieur, des signaleurs se livraient à un mystérieux travail, si important que la guilde était la plus respectée du royaume, car elle ne dépendait que de l’autorité du Pape qui pourtant se trouvait très loin à Rome.

Beau mâle

Malgré un matériel photographique obsolète et une lumière déclinante, notre reporter a pu saisir l’image de ce magnifique Bouquetin – Capra ibex, dont les cornes peuvent atteindre 1 m de long. Le bouquetin, qui a été réintroduit dans les Pyrénées, est un grimpeur hors-pair, grâce à ses sabots aux bords cornés rigides reliés par une sole souple qui l’empêche de glisser. Ses deux pinces étant indépendantes l’une de l’autre, le pied peut s’adapter aux irrégularités du terrain. En toute saison, il vit en altitude, son habitat se situant entre 1600 et 3200 m. Peu farouche, sa distance de fuite est de 20 m.

Chasse à l’ours

Lors de son périple dans les Pyrénées, notre dessinarateur a pu rapporter cette image assez remarquable d’un ours. Nos lecteurs voudront bien excuser la mauvaise qualité de la photo qui a été prise avec un vieux boîtier russe Zenit, équipé d’un puissant mais médiocre téléobjectif Iéna fabriqué en R.D.A. De l’autre côté du rideau de fer, les produits manufacturés ne brillaient pas par leur haut niveau technologique !

Traces 2

À tout seigneur tout honneur, l’Ours brun – Ursus arctos arctos est une espèce qui a été réintroduite dans les Pyrénées. Sa taille au garrot est de 80 cm à 110 cm, son poids dépasse 200 kg. Il vit dans des zones accidentées et boisées et ses déplacements sont sont principalement nocturnes et crépusculaires. Son domaine vital est de 70 km2 pour une femelle avec ses oursons et de 500 km2 pour le mâle, essentiellement sur l’étage montagnard. L’ours n’hiberne pas (à la différence de la marmotte) mais hiverne. Son sommeil hivernal est entrecoupé de périodes de réveil et de sorties. Son régime alimentaire est composé à 70% de végétaux et de fruits, auxquels s’ajoutent des insectes et de gros mammifères sauvages ou domestiques (comme les moutons). L’espèce qui est strictement protégée bénéficie de zones qui lui sont réservées et interdites à l’homme. L’ours brun, qui est discret, n’est pas naturellement agressif (a-contrario du grizzly). Les rares accidents résultent de l’imprudence et du non-respect de la réglementation. Si vous avez la chance de voir des traces d’ours, surtout n’essayez pas de les suivre pour tenter de voir l’animal.

Traces 1

Nos toujours aussi nombreux et fidèles lecteurs n’ont pas manqué de remarquer l’assez longue interruption de notre publication, motivée par un périple en raquettes à neige que notre reporter vient d’effectuer dans les Pyrénées pour relever les traces des principaux spécimens de la faune sauvage qui, malgré les rigueurs de l’hiver, survivent aux divers étages de la montagne et qu’il est donc impératif de ne pas déranger.